Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Profil

  • Hariulfus

Rechercher

24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 14:14
Partager cet article
Repost0
3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 06:54
Sauvons le Pont des Trous de la destruction!

Le pont des Trous de Tournai est l'un des plus prestigieux vestiges de l'architecture militaire médiévale de Belgique. Il faisait partie de la troisième enceinte de Tournai, appelée seconde enceinte communale, et défendait le cours de l'Escaut dans sa traversée de la ville! La mise à gabarit de le traversée fluviale de Tournai avance et les dernières informations vont dans le sens d'une destruction de l'ouvrage.

Une pétition a également été lancée par l'association "Les Amis de la Citadelle" pour protester contre une destruction programmée - URL : https://www.lapetition.be/en-ligne/Projet-Seine-Escaut-sauver-la-traversee-de-Tournai-9999.html

Une résumé du dossier est également accessible sur Archeologia.be : http://archeologia.be/tournai_pontdestrous.html



Merci pour votre soutien!

Pierre-Emmanuel LENFANT

Auteur d'Archeologia.be - L'Abécédaire de l'Archéologie
Partager cet article
Repost0
6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 07:50

Le service Pays d'art et d'histoire du Pays châtelleraudais organise, à
> l'occasion des Journées Nationales de l'Archéologie, trois temps de découverte
> du patrimoine archéologique de la CAPC :
>
> - Vendredi 7 juin à 18 h, salle Clémenceau à Châtellerault : Conférence par
> Jérôme Primault (DRAC) "Des archéologues sur la LGV, pour quoi faire ? ". Nous
> évoquerons les découvertes faites au cours des fouilles préventives avant
> construction de la LGV Tours-Bordeaux.
> - Samedi 8 juin à 18h, mairie de Colombiers : Conférence par Jean Airvaux,
> archéologue "Le site préhistorique de la Grande Vallée à Colombiers". Nous
> ferons le bilan de plusieurs années de fouilles programmées sur un site
> paléolithique où de nombreux silex taillés ont été découverts.
> - Dimanche 9 juin, de 14h à 17h, sur le site du Vieux Poitiers à Naintré :
> Visites et exposition par Christophe Belliard, archéologue, autour des récentes
> découvertes concernant l'évolution du théâtre gallo-romain.
>
> Nous vous attendons nombreux !

Partager cet article
Repost0
6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 07:49

Ce week-end ce sont les Journées Nationales de l'Archéologie

A cette Occasion La Direction de l'Archéologie de la Communauté d'Agglomération et le Louvre-Lens proposent un regard croisé sur leurs
collections. La céramique, à la fois objet d’étude pour les archéologues et objet d’art, sera mise à l’honneur.
À travers des rencontres avec des chercheurs et spécialistes, suivez le parcours de ces objets de leur mise au jour jusqu’à leur exposition :
un archéologue présentera les différentes étapes de la fouille d’une céramique ;
un céramologue expliquera sa discipline et démarche d’étude (identification, datation,...) ;
une restauratrice dévoilera les procédés utilisés pour rendre vie à des pièces malmenées par le temps ;
exposition d’une partie des collections d’ARKEOS, futur musée-parc archéologique de la CAD (ouverture prévue en fin d’année).
Horaires : samedi 8 et dimanche 9 juin de 10h à 18h
Lieu : Musée du Louvre-Lens / Ateliers pédagogiques. Gratuit

MAIS AUSSI !
> Visite de chantier
Ces Journées Nationales de l’Archéologie offrent aussi l’occasion de mieux faire connaître les territoires et leur histoire. La CAD vous propose de découvrir un chantier en cours de fouille et d’appréhender au plus près le métier d’archéologue :
> visite du chantier de Waziers (59) ayant révélé des vestiges de la période gauloise.

> Lille 3
La CAD sera présente à Lille 3 Dans le cadre du partenariat avec le Learning Center Archéologie / Égyptologie et l’UMR Halma-Ipel (Histoire, Archéologie, Littérature des Mondes Anciens-Institut de Papyrologie et d’Égyptologie de Lille), la CAD intervient lors des Journées Nationales de l’Archéologie organisées à l’Université Lille 3.
> Conférences
-12h / Sébastien Bernez, Responsable d’opération, CAD : «L’archéologie territoriale : de la veille patrimoniale à la recherche archéologique. L’exemple des villages médiévaux.»
-13h30 / Étienne Louis, Directeur adjoint du Département d’Archéologie Préventive : «Entre histoire et archéologie : fouiller une abbaye mérovingienne dans le nord de la France.»
Gratuit
Horaires : samedi 8 juin 2013 de 10h à 18h
Renseignements : 03 27 08 88 50 ou anim.archeo@douaisis-agglo.com
Lieu : Université Lille 3, bâtiment E, quartier Ouest du domaine universitaire du Pont de Bois
> des animations sont également proposées le vendredi 7 juin, à destination de scolaires, dans le cadre de l’exposition « Le vase qui parle ». Exposition présentée du 10 avril au 10 juin dans le hall de la Bibliothèque Universitaire.

Partager cet article
Repost0
4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 14:39
Saint-Blaise va devenir un vrai "Archéologique Park"

Martigues / Publié le mardi 14 mai 2013 à 16H37

2 millions d'€ vont être investis pour valoriser ce site historique exceptionnelqui abrite cette semaine des ateliers animés par des experts et un colloque international

  •  Saint-Blaise va devenir un vrai Archéologique Park - 1

    Photo Archives

    1/3

    Saint-Blaise est l'un des sites les plus visités du Pays martégal.

Riche actualité pour ce qui est le plus ancien site historique du Pays martégal. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Saint-Blaise va accueillir pendant deux jours des spécialistes mondiaux lors d'un colloque réunissant archéologues, architectes, conservateurs, paysagistes et spécialistes de l'environnement. Ce rendez-vous d'experts s'inscrit dans le cadre d'un grand événement lancé à l'occasion du lancement du projet d'aménagement du site porté par la Communauté d'agglo du Pays de Martigues (CAPM). Cette manifestation en deux parties intitulée "Saint-Blaise, un site en partage", commence aujourd'hui (lire le programme ci-dessous).

Une vraie cure de jouvence attend le site de Saint-Blaise, qui s'étend sur une colline où se mêlent les vestiges, (dispersés parmi les arbres et les rochers) de plusieurs occupations humaines successives, depuis la période gréco-romaine jusqu'au Moyen-Age. "Cet aménagement d'un coût de 2 millions d'euros répartis sur 5 ans prévoit la construction d'un pavillon d'accueil, la restauration des vestiges , la clôture des parkings, une signalétique", détaille Jean Chausserie-Laprée, responsable du service archéologie de la ville de Martigues.

En attendant qu'il se transforme en un véritable "Archéologique Park", le site de Saint-Blaise ouvre ses portes au grand public. "Ces deux journées de découverte seront surtout destinées aux scolaires et aux jeunes mais elles restent ouvertes, gratuitement à tout public qui profiter du savoir d'experts. Nous avons fait venir des spécialistes sur les différentes techniques de la vie quotidienne, habitat et fabrications d'objets liées aux activités pratiquées dans les habitats gaulois et gallo-romains du midi de la France, dévoile Jean Chausserie-Laprée.Ces deux journées d'ateliers, d'animations et forums pédagogiques constituent ainsi une véritable agora des savoirs autour de l'archéologie et du patrimoine".


un peu d'histoire

Le site de Saint Blaise a été occupé depuis la plus haute antiquité (2000 avant J.C.). Cela tient à sa position qui offre des avantages stratégiques et commerciaux. Aussi, a-t-il été choisi par Massalia (l enom originel de Marseille) pour y installer un de ses comptoirs commerciaux, destiné à la fois à recevoir les marchandises débarquées sur la plage, près de la gare de Fos et à protéger la route commerciale se dirigeant vers Cavaillon et Arles. La colonie massaliote a succédé d'ailleurs à un habitat ligure dont il reste peu de trace. C'est Massalia qui a fait construire l'enceinte fortifiée à gros blocs de pierres taillées dont on peut admirer aujourd'hui quelques alignements et qui entourait la ville depuis l'amorce du sentier descendant à la source de la Tourtourane, au sud-ouest jusqu'au bastion sud de l'éperon dominant l'étang de Lavalduc.Au milieu de la face orientale s'ouvrait la grande porte carrossable dont subsiste tout l'apparat fortifié. Certains des gros blocs portent gravés des lettres grecques, sur la signification desquelles on n'est pas d'accord : s'agit-il de marques de tâcherons ou de chiffres indiquant l'emplacement de la pierre dans l'ensemble de la construction ? Quoi qu'il en soit, ce rempart date d'environ 400 avant J.C. et représente le plus bel exemple d'une fortification grecque sur le sol français.

Source : ville de Saint-Mitre-les-Remparts


Au programme de "Saint-Blaise, un site en partage"

Ce mardi de 10h à 18h, une grande journée organisée avec l'association Archeomed avec des collégiens et lycéens de l'Académie Aix-Marseille : comptes-rendus de travaux et expériences dans le domaine de l'archéologie et du patrimoine. Ateliers, projections, expositions, conférence...

Mercredi, de 10h à 18h, la journée sera consacrée à l'archéologie expérimentale autour d'animations.

Durant ces deux journées portes-ouvertes, le public pourra découvrir de nombreux ateliers et animations : Les faiseurs de champs (maquette-jeu sur la forêt de Castillon, présentée par Marion Di Liello de la CAPM et Hélène Marino du service archéologie de la ville de Martigues) ; la fabrication de la céramique non tournée, par l'association Fax-Similé ; la fabrication des cordages et engins de pêche, par Toomai Boucherat (association Fax-Similé) ; frappe de monnaie et fabrication de lampes à huile, par l'association Fax-Similé ; Dionysos sans gueule de bois, conférences ludiques sur le site par Claude Marco ; construire des maisons en terre, par le service archéologie de la ville de Martigues ; l'huile d'olive comme au temps des Gaulois, reconstitution d'un pressoir à huile par Denis Delpalillo et l'équipe du service archéologie de la ville de Martigues.

Jeudi et vendredi, un colloque internation réunira, salle de La Manare à Saint-Mitre-les-Remparts, archéologues, architectes, conservateurs, paysagistes et spécialistes de l'environnement pour débattre et échanger sur la question de la mise en valeur et de l'aménagement des sites archéologiques et patrimoniaux. Dans le programme très dense, il est à noter les conférences sur les grands sites de France : le pont du Gard, la colline du château à Nice, l'agglomération antique de Lattes. Vendredi, des études de cas en France et en Espagne seront présentées. Une publication de ce colloque sera faite en 2014.

Contact : service archéologie de la Ville de Martigues au 04 42 41 61 35 archeologie@ville-martigues.fr Direction de l'aménagement et du développement durables de la CAPM : 04 42 06 90 40.

martigues@laprovence-presse.fr

Partager cet article
Repost0
15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 13:15
Le passé ressuscité

L’entreprise Novo3D est spécialisée dans les restitutions virtuelles du patrimoine

[LEG_LEGENDE]Dominique Lyoen, le responsable de Novo3D a installé son entreprise à Marmande.
[LEG_LEGENDE]Dominique Lyoen, le responsable de Novo3D a installé son entreprise à Marmande. (Photo C. V.[])
Partager







 
Envoyer à un ami
 
Imprimer

Oubliez les maquettes de reconstitution en bois, l’archéologie du futur sera virtuelle. L’entreprise marmandaise Novo3D en est convaincue. La toute jeune société, créée en octobre dernier, s’est spécialisée dans les restitutions 3D en temps réel (RTR). Un outil destiné à ressusciter les vestiges du patrimoine disparu.

« Là où dans un musée les objets sont rangés derrière une vitrine, avec l’univers 3D le visiteur devient explorateur. Il peut manipuler, comparer les époques, et discuter avec des gens ‘‘vivants’’ dans les temps passés, ou revivre leur quotidien », assure Dominique Lyoen.

 

À 35 ans, cet archéo-modéliste, ancien maquilleur professionnel, s’est reconverti dans les nouvelles technologies. Il a travaillé huit ans pour une société de prestations graphiques niçoise, avant de lancer son entreprise en Aquitaine. « C’était l’occasion de me rapprocher de l’Institut de recherches archéologiques Ausonius et de l’architecte et archéologue bordelais, Jean-Claude Golvin, dont l’œuvre m’a beaucoup influencé. » Son équipe est composée de trois personnes.

Naviguer à sa guise

Pour réaliser ses univers virtuels, il s’appuie des plans d’architectes ou sur la base de photos satellites, témoignages et documents d’archives. Comme ce fut le cas pour la reconstitution de l’ancien dancing L’Aérien de la plaine de la Filhole à Marmande. « Embarquez pour une balade dans les années 50 », jeudi 7 février, Dominique Lyoen, le fondateur et responsable de Novo3D, jouait le guide pour les aînés du Conseil des sages de Marmande. En guise d’embarcation, un simple ordinateur et un écran géant. « La RTR, c’est une sorte de jeu vidéo sérieux. » Via l’écran, on s’immerge dans la vie du siècle passé. On marche le long du port où les bateaux de marchandises ont accosté. On survole les toits de Marmande…

« Vous nous avez rendu notre jeunesse », s’enthousiasme une femme du public. Dominique Lyoen ne s’y est d’ailleurs pas trompé en choisissant de dévoiler ce projet en avant-première aux retraités marmandais. Outre leurs connaissances intarissables sur leur ville, ils sont la preuve que l’on peut se servir de cette technologie sans être né avec une souris dans la main.

Marmande, cité médiévale

Le projet a fait mouche et pourrait être présenté prochainement en Conseil municipal. Oui mais pour quel usage ? « Les potentialités sont considérables », insiste Olivier Dancot, en charge du Web marketing de l’entreprise. « En plus des restitutions historiques, nous pouvons simuler des projets d’infrastructures avant leur mise en chantier (stade, théâtre, etc.). Contrairement aux images de synthèse, cette technologie permet de naviguer à l’intérieur de la maquette. » Les univers à (re) créer sont infinis mais leurs mises en application le sont tout autant : Cd-rom, borne interactive disposée à l’office de tourisme, lien Internet sur la page Web d’une mairie, QR code à flasher avec son téléphone portable sur un circuit touristique, etc.

Précédemment, il a réalisé pour le compte du Conseil général de Moselle, une reconstitution de l’église disparue du village de Bliesbrück. On lui doit aussi la modélisation du site de la nécropole de Saqqara en Égypte. Cet Indiana Jones des temps modernes s’est déjà donné un nouveau défi : retrouver la trace d’une gravure du château de Marmande qui pourrait s’être exilée en Angleterre - pour reconstituer en 3D la cité médiévale de Marmande.

Partager cet article
Repost0
3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 18:20

L’observatoire de l’archéologie préventive, qui a été créé en 2011, a finalisé en novembre 2012 un premier travail de collecte de données chiffrées auprès de l’ensemble des opérateurs pour les années 2009, 2010 et 2011 : 63 services de collectivités locales assurent un service de proximité concernant la moitié de la population et un tiers du territoire national. Les archéologues territoriaux réalisent 17% des 2620 prescriptions émises en moyenne chaque année.

Pour la première fois, la sous-direction de l’archéologie (sous-direction de l’archéologie, ministère de la culture et de la communication) dispose de statistiques à l’échelle nationale. Elles ont été collectées durant ces derniers mois par son observatoire et portent sur les années 2009, 20120 et 2011.
Elles permettent de mesurer l’activité archéologique, même si certaines données devront être précisées à l’avenir, comme celles relatives à l’emploi. D’ores et déjà, les travaux de l’observatoire permettent de faire les trois constats suivants.

Les prescriptions d’opérations de terrain (diagnostics et fouilles) sont loin d’être systématiques

Elles ne concernent que 6 à 8% des 32 300 dossiers d’aménagement soumis, en moyenne, chaque année, aux services régionaux de l’archéologie (SRA). Ainsi, les SRA prescrivent 2620 opérations par an, dont 2567 diagnostics portant, au total, sur 15 000 hectares.

Des données qui viennent contredire l’argument avancé par certains aménageurs agacés par les contraintes de la prise en compte des archives du sol : les archéologues n’interviennent pas à tout-va, les fouilles étant réduites aux nécessités de la recherche scientifique.

Les services territoriaux interviennent sur un tiers du territoire

Les services de collectivité détenteurs de l’agrément d’opérateur d’archéologie préventive délivré par l’Etat sont au nombre de 63.

Source : sous-direction de l’archéologie (sous-direction de l’archéologie, ministère de la culture et de la communication). Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Sans surprise, ils sont bien implantés en Provence-Alpes-Côte d’Azur, région connue pour la richesse de son patrimoine antique. Ailleurs, leur répartition est très inégale, avec quelques zones bien dotées : Bretagne, Ile-de-France, Alsace, Nord…
« Le nombre de services territoriaux connaît une croissance régulière. Il s’agit d’une tendance lourde et durable », observe Damien Leroy, responsable de l’observatoire de l’archéologie préventive. Ainsi, en huit ans, leur nombre a plus que doublé.

Source : sous-direction de l’archéologie (sous-direction de l’archéologie, ministère de la culture et de la communication). Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Concernant les diagnostics, que seuls les opérateurs publics sont habilités à réaliser, 17% sont effectués par les services territoriaux, le reste par l’Institut national de l’archéologie préventive (INRAP). Pour ce qui relève des fouilles, activité ouverte à la concurrence depuis la loi n° 2003-707 du 1er août 2003, les services archéologiques territoriaux en mènent également 17% (contre 55% pour l’INRAP et 28% pour les opérateurs privés).

Environ un tiers des prescriptions se soldent par des modifications du projet d’aménagement

A l’issue d’un diagnostic, le SRA, sous l’autorité du préfet de région, peut prendre trois décisions : une fouille, ou une procédure de protection du site au titre des Monuments Historiques (rare), ou encore une modification de la consistance du projet permettant d’éviter tout ou partie de la fouille.

En analysant les prescriptions émises à la suite d’un diagnostic, l’observatoire a recensé, en moyenne, 556 prescriptions de fouilles par an, et 106 modifications de la consistance du projet. Ces modifications correspondent à l’objectif recherché par le législateur : permettre l’aménagement, sans pour autant détruire le patrimoine archéologique et son potentiel pour les travaux qu’engageront les générations futures de chercheurs.

Les collectivités emploient environ un quart des effectifs d’archéologues

Selon l’observatoire, l’archéologie préventive compte 3142 emplois, dont 730 dans les collectivités. Sur ces effectifs globaux, Il recense 2519 postes scientifiques et techniques (593 dans les collectivités) et 623 postes administratifs (dont 137 dans les collectivités).
Cependant, Damien Leroy considère que ces données sont sous-estimées, faute d’informations suffisantes (hormis pour l’INRAP dont les effectifs sont connus) et qu’il faut poursuivre les investigations.

Pourquoi un observatoire de l’archéologie préventive ?

La multiplication des acteurs induite par la loi n° 2003-707 du 1er août 2003, qui a ouvert le marché des fouilles à la concurrence, a pour corollaire une dispersion des sources et des données. D’où l’idée de créer un observatoire au sein de la sous-direction de l’archéologie, concrétisée au début 2011. Avec, explique son responsable Damien Leroy, trois objectifs :

  1. construire un instrument de mesure d’activité,
  2. disposer d’un outil prospectif et d’aide à la décision pour le ministère,
  3. restituer des synthèses en réponse à des besoins extérieurs (Parlement, aménageurs, élus locaux, instances et communauté scientifiques …).

Dans leur rapport sénatorial daté du 12 juillet 2011, Yves Dauge et Pierre Bordier voyait dans ce futur observatoire « une démarche d’amélioration de la gouvernance et d’évaluation de la politique de prescription des différentes régions. » Et de préconiser que les données collectées soient transmises au Conseil nationale de la recherche archéologique (CNRA).

Références

L’archéologie préventive en France : quelques données chiffrées et cartographiées, Sous-direction de l’archéologie, novembre 2012

Partager cet article
Repost0
30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 17:18

Le trésor gaulois de Bassing dévoilé à Metz

 

MOSELLE -Un véritable trésor composé de 1.165 pièces gauloises et autres objets exceptionnels ont été dévoilé ce jeudi à Metz. Des éléments rarissimes qui ont été découverts en 2010 à Bassing (Moselle) lors de fouilles archéologiques menées dans le cadre des travaux de la deuxième phase de la LGV Est dont la mise en service est prévue au printemps 2016.

bessingtresor

Les terres de Lorraine n'ont pas encore fini de livrer leurs secrets, lors d'une fouille menée entre mars et juillet 2010 sur le tracé de la LGV Est, les archéologues de l’Inrap à Bassing ont ainsi découvert un site aristocratique gaulois. Une découverte qui fait suite en 2008 sur la même zone à celles d'une ferme gauloise, d'une villa-gallo romaine et d'un habitat médiéval.

 Si la petite commune de Bassing située à 74 kilomètres de Metz et à 55 kilomètres de Nancy ne compte aujourd'hui que 139 habitants, son histoire fût autrefois liée à l'opulence et aux activités guerrières. "Occupé pendant 1000 ans, ce site rural de grande envergure fut à son apogée, au tournant de la conquête romaine, dans le climat troublé du Ier siècle avant notre ère" dévoile l'INRAP.

bessingplan 
Plan du site de Bassing -INRAP

Le dépôt monétaire est composé de 1.111 pièces d'argent, trois d'or et 51 de cuivre, toutes émises au cours du premier siècle avant notre ère et il est composé de pièces en provenance de différentes régions de France, du Val-de-Loire, de Lyon ou Clermont-Ferrand. "Les informations que nous avons découvertes expriment des échanges entre certains peuples", a commenté M. Laffite.

Les deux kilos d'argent extraits vont permettre des "analyses scientifiques et statistiques", notamment pour étudier l'origine du métal, a-t-il précisé.  Un "poignard exceptionnel", du mobilier militaire, des bijoux, ou encore une concentration rare de 123 fibules (broches vestimentaires).

 

>> A noter, une conférence sur : "Le site de Bassing, découvertes inédites des époques gauloises, antiques et du haut Moyen Âge" est organisée ce vendredi 30 novembre. La conférence se déroule au musée du Pays de Sarrebourg, à Sarrebourg, et sera animée par Jean-Denis Laffite et Laurent Thomashausen, tous deux de de L'institut National de Recherche Archéologiques Préventives.

 

http://www.ici-c-nancy.fr/site/index.php/actus/actualites/lorraine/item/4634-le-tr%C3%A9sor-gaulois-de-bassing-d%C3%A9voil%C3%A9-%C3%A0-metz

Partager cet article
Repost0
30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 17:08
Etonnante découverte à Quévy-le-Grand, près de Mons, celle d’un château médiéval mis au jour grâce à la législation de la Région Wallonne qui prévoit le passage des archéologues avant le début d’une construction sur une surface d’une certaine étendue. Surprise !
Le lieu dont il est question se situe près de la frontière française sur un terrain de deux hectares qui accueillera –à moyen terme- un lotissement.  Conformément à l’usage dans les circonstances présentes, appel a été fait à des archéologues, histoire de s’assurer que le sous-sol ne comporte pas de vestiges intéressants. 
Et dans ce cas précis, le fait que l’endroit abritait autrefois un couvent justifiait d’autant plus cette intervention d’archéologues.  Et c’est là que –oh surprise !- en creusant, les archéologues sont tombés sur un bâtiment bien plus ancien que le couvent : un petit château qui daterait du XIIIème siècle.
Pourquoi un petit château à cet endroit ?
L’édifice se présente comme une petite construction carrée flanquée de quatre tours rondes et il pose déjà une série de questions :   pourquoi un château à cet endroit alors qu’à l’époque, Quévy se trouvait au cœur du Comté du Hainaut ? Autre question, l’édifice est situé dans un creux et non sur une butte…
Il faudra donc  fouiller les archives pour que la bâtisse livre tous ses secrets mais même si ce n’est pas à cet endroit précis que le lotissement s’élèvera, une fois les relevés,  prélèvements, notes et autres photos terminés, le château retournera sous terre. 
Isabelle Palmitessa est allée à la rencontre de l’archéologue responsable du chantier, Aurélie Lecomte.  Elle lui a livré le fruit de ses premières observations.
Vincent Clérin

http://www.rtbf.be/info/regions/detail_quevy-le-grand-decouverte-surprise-d-un-chateau-medieval?id=7883632

Partager cet article
Repost0
27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 17:54

Organisées par le ministère de la culture, les Rencontres de l’archéologie préventive se tiennent du 21 au 22 novembre 2012 à Paris. Cette manifestation vient compléter le processus de concertation lancé le 5 octobre par Aurélie Filippetti avec l’installation d’une commission d’évaluation, chargée de consulter les parties prenantes du secteur, afin de rédiger un Livre blanc. La révision de la gouvernance de la redevance d’archéologie préventive fait également l’objet de consultations entre le ministère, les opérateurs archéologiques et les associations d’élus. Sur ces différentes démarches, la Gazette a fait le point avec Marc Drouet, sous-directeur de l’archéologie à la direction générale des patrimoines.

 

Consultations, discussions, débats, dialogue… la concertation tous azimuts prévaut en ce moment dans le secteur de l’archéologie préventive. Avec un cap, fixé par la ministre de la culture et de la communication : l’élaboration du volet « archéologie » du futur projet de loi sur le patrimoine qu’elle défendra dans la seconde moitié de l’année 2013.

Tout a commencé le 22 juin 2012 - Ce jour-là, en visite à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), dans le cadre des Journées nationales de l’archéologie, la ministre annonce son intention de revoir l’organisation du secteur : « le droit de l’archéologie préventive a maintenant plus de dix ans : c’est le bon moment pour l’évaluer de façon approfondie, sans tabou ni a priori, avant d’envisager son éventuelle modification. » Elle évoque la nécessité de procéder à « une évaluation scientifique, économique et sociale » du dispositif d’archéologie préventive, mission qui sera confiée à une commission, « dont la composition reflètera notamment la diversité de la communauté archéologique, et, au-delà, des acteurs concernés. » Elle annonce également la tenue des « premières rencontres de l’archéologie préventive » pour les 21 et 22 novembre.

Cinq mois plus tard exactement, Vincent Berjot, directeur général des patrimoines, s’apprête donc à ouvrir les Rencontres de l’archéologie préventive le 21 novembre, à Paris, à la Bibliothèque nationale de France. Manifestation qui se tient dans un contexte marqué par une « attente partagée », observe la direction générale des patrimoines dans sa présentation de la manifestation. Ces rencontres font suite au colloque des 9 et 10 octobre, organisé au musée du quai Branly et consacré au droit du patrimoine archéologique.

De son côté, la commission d’évaluation scientifique, économique et sociale, installée par la ministre le 5 octobre 2012, a commencé à recueillir les points de vue des parties prenantes : archéologues, aménageurs publics et privés, organisations syndicales représentants le personnel des opérateurs de fouilles, associations d’élus, associations professionnelles. Par ailleurs, professionnels, élus et sous-direction de l’archéologie se concertent sur la réforme de la redevance d’archéologie préventive (RAP).

  1. Des « Rencontres autour de l’archéologie préventive », pour clarifier ce qui fait débat
  2. Entretien avec Marc Drouet : « Nous voulons montrer que l’archéologie est une discipline scientifique, pas une discipline d’aménagement »
  3. Réaction de Thomas Vigreux, président de l’Association nationale des archéologues de collectivités territoriales (ANACT) : « Il revient à l’Etat de mettre tous les opérateurs sur un pied d’égalité »
  4. Une commission d’évaluation pour « consolider ce qui présente un intérêt majeur »
  5. La réforme de la redevance d’archéologie préventive sur les rails 

1. Des « Rencontres autour de l’archéologie préventive », pour clarifier ce qui fait débat

L’idée d’organiser une rencontre institutionnelle entre les acteurs de l’archéologie préventive revient à Yves Dauge, ex-sénateur (PS) d’Indre-et-Loire, et Pierre Bordier, sénateur (UMP) de l’Yonne, tous deux auteurs, en juillet 2011, d’un rapport sur la gouvernance du secteur « au service de la recherche ».

Une idée reprise à son compte par Aurélie Filippetti lors de son arrivée Rue de Valois.

A la BnF, les 21 et 22 novembre, la valorisation scientifique des travaux archéologiques sera mise en avant, mais pas seulement. Parole sera également donnée à l’ensemble des acteurs, qui ont sur certains points des avis très différents : scientifiques (archéologues), aménageurs, élus locaux, représentants de l’Etat. La direction générale des patrimoines en attend « un vrai débat ».

Plusieurs archéologues territoriaux y feront des interventions (Nuria Nin, de la ville d’Aix-en-Provence, Marc Bouiron, de la ville de Nice…), ainsi que des conservateurs de musées d’archéologie (Evelyne Ugaglia, musée archéologique Saint-Raymond, de Toulouse, Michel Guérard, musée d’histoire de Marseille…). De quoi rassurer sans doute l’Association nationale des archéologues des collectivités territoriales (ANACT), soucieuse de voir les services territoriaux traités sur un pied d’égalité avec les autres acteurs (lire réaction de Thomas Vigreux).

[Retour en haut]

2. Entretien avec Marc Drouet : « Nous voulons montrer que l’archéologie est une discipline scientifique, pas une discipline d’aménagement »

Pourquoi le ministère de la culture et de la communication organise-t-il ce colloque ?

Nous sommes face à un paradoxe. Nous constatons, d’un côté, un réel engouement du public pour l’archéologie, et, d’un autre côté, une méconnaissance du dispositif d’archéologie préventive : son fonctionnement, ses différents acteurs et leurs rôles, etc. Nous souhaitons donc éclairer les différentes parties prenantes de l’archéologie sur ces questions. Nous avons invité l’ensemble des partenaires aux rencontres – scientifiques, aménageurs, élus locaux – y compris pour participer aux tables rondes. Nous aurons donc un vrai débat avec des points de vue très différents.

Pourquoi maintenant ?

La ministre a annoncé pour 2013 un projet de loi sur le patrimoine, dont un volet sera consacré à l’archéologie préventive. Débattre en amont, expliquer pourquoi certaines dispositions doivent évoluer, d’autres pas, nous semble un bon moyen de préparer ce futur texte et sa discussion au Parlement.

Quels aspects de l’archéologie préventive espérez-vous clarifier lors de ces échanges ?

Ces rencontres seront l’occasion de présenter des données chiffrées que, pour la première fois, nous avons réussi à collecter auprès des différents acteurs du secteur. Ces données mesurent la réalité – scientifique, économique et sociale – de cette activité. Elles permettent, également, de relativiser les choses : si l’on rapporte le nombre d’aménagements au nombre de diagnostics et de prescriptions de fouilles, on voit bien qu’on est loin de l’idée reçue selon laquelle les opérations sont systématiques.
Fort heureusement, elles sont limitées à ce qui est nécessaire pour la recherche. Ne perdons pas de vue que l’archéologie n’est pas une discipline d’aménagement, même si, évidemment, à un moment, les deux activités se rencontrent. Il ne s’agit pas de purger un terrain, comme on dépollue un site après une activité industrielle pour le rendre constructible. L’archéologie est une discipline scientifique. Lors d’une fouille, les archéologues se posent des questions essentielles par rapport à la documentation enfouie dans le sol : que veut-on en faire, est-il nécessaire de l’étudier, est-il préférable de la conserver in situ, et, si il y a un intérêt à l’étudier, quel est le projet – le besoin – scientifique.

Y a-t-il d’autres idées reçues ?

Oui, par exemple, on associe souvent opération archéologique et découverte spectaculaire. Légitimement, un aménageur confronté à une fouille regarde le coût de cette opération. Et, spontanément, il attend en retour un effet immédiat, qu’il qualifie de « spectaculaire » : « la » grande découverte.
Nous voulons montrer que le côté spectaculaire de l’archéologie est d’ordre scientifique. C’est le travail réalisé sur quatre ou cinq ans, à partir des informations issues de plusieurs opérations de terrains et mises en commun dans un contexte interdisciplinaire. Quand une équipe scientifique rend ses travaux, là, on aboutit à quelque chose de spectaculaire, sur le plan scientifique.
C’est ainsi qu’aujourd’hui, si vous allez à Bribracte, on est capable de vous raconter dans le détail l’histoire du site de la civilisation celtique. Mais Bribracte n’est pas le résultat d’une opération, mais de dix années d’opérations de terrain, confrontées, croisées, étudiées. C’est là que se situe le spectaculaire. Certes, il peut arriver qu’une opération débouche sur une découverte spectaculaire, comme à Changis-sur-Marne [ndlr, où une équipe de l’Institut national de recherches archéologiques a mis au jour un squelette de mammouth, début novembre]

Mais on voit bien que cette découverte ne constitue que le début d’une histoire, qui ne livrera tout son sens que lorsqu’elle aura été croisée avec d’autres opérations dans le monde entier, avec des connaissances obtenues par des chercheurs dans d’autres disciplines etc.

Comment voyez-vous l’état des relations entre archéologues et aménageurs ?

Elles se sont sensiblement améliorées depuis une dizaine d’années. Parce qu’archéologues et aménageurs ont fait des pas les uns vers les autres. L’important est de se parler encore plus pour évacuer les idées reçues qui peuvent persister. Aujourd’hui, il y a une question qui doit être posée : c’est le rythme de consommation de la documentation archéologique. L’archéologie préventive ne doit pas être victime de son succès.
Lors d’une opération d’aménagement, il faut certes avoir les yeux rivés sur les délais, c’est fondamental. Mais si l’archéologie préventive devient de plus en plus performante sur le plan des délais, y gagnera-t-elle sur le plan scientifique ? C’est une vraie question. Il y a un équilibre à trouver, pour tenir compte du temps de la recherche. Si l’archéologie préventive parvient à offrir un service de qualité, dans les meilleurs délais et au moindre coût, on ne se posera plus la question de la conservation. Or c’est un sujet essentiel, qui rejoint d’autres problématiques : la lutte contre l’artificialisation des sols, la conservation des terres agricoles, qui sont soumises à la pression immobilière.
D’une certaine manière, l’archéologue participe à la politique de ville dense, en encourageant la préservation des terrains. Tout cela ce sont des problématiques de développement durable, qui rejoignent totalement celles des archéologues : la conservation d’une documentation scientifique un peu particulière, parce qu’elle est dans le sous-sol, et qu’elle disparaît lorsqu’on l’étudie.

La commission d’évaluation scientifique, économique et sociale a commencé ses travaux. Quels sujets doit-elle précisément aborder ?

Lors de son installation, le 5 octobre, la ministre a insisté sur le fait que cette évaluation devait se faire sans aucun a priori, à partir du seul constat de certaines critiques.

Lesquelles ?

Les archéologues sont préoccupés par le rythme de consommation des vestiges du sous-sol [ndlr : le rythme des prescriptions de fouilles]. Les aménageurs le sont par les coûts et les délais des opérations. Quant à l’Etat, il souhaite que l’on parvienne à un équilibre entre aménagement du territoire, recherche archéologique et financement de cette politique.

Les archéologues des collectivités territoriales demandent que soit reconnu, dans la loi, leur travail de recherche et de valorisation des connaissances issues des opérations de terrain. Cette question sera-t-elle abordée ?

Les services territoriaux et leurs archéologues sont des partenaires essentiels et de grande qualité. Je suis toujours frappé par la qualité des moyens mis en place par les collectivités qui décident – de façon complètement facultative – de prendre la compétence archéologique. Elles l’exercent alors remarquablement, avec des scientifiques de grande qualité, qui doivent pouvoir travailler dans les UMR [ndlr Unités mixtes de recherche] et publier dans les meilleures conditions. Ils doivent pouvoir contribuer de la même manière que les autres à la recherche. Cette demande de l’ANACT a été présentée à la commission.

Où en est la réflexion sur la gouvernance de la redevance d’archéologie préventive ?

Nous consultons les archéologues, les aménageurs, et les collectivités, et nous sommes en train d’expertiser différentes solutions, pour utiliser les ressources de façon la plus efficace, pour la recherche et pour limiter les délais de fouilles. Différents barèmes selon le type de diagnostics pourraient être envisagés, avec un versement effectué une fois le terrain rendu à l’aménageur. Cela constituerait une incitation à réduire les délais.
Il ne s’agit que d’une hypothèse de travail. Tout dépendra bien entendu des conclusions que rendra la commission à ce sujet. Et nous devrons nous assurer qu’un tel mécanisme répondrait aux attentes de l’ensemble des parties, et, de plus, qu’il serait conforme à l’enveloppe de 122 millions d’euros qui a été retenue.

[Retour en haut]

3. Réaction de Thomas Vigreux, président de l’ANACT : « Il revient à l’Etat de mettre tous les opérateurs sur un pied d’égalité »

Nous nous félicitons qu’un colloque fasse connaître notre discipline et nos méthodes de travail. Cela permettra de parler d’archéologie autrement que comme un problème auquel sont confrontés les aménageurs. Nous insistons sur le fait que ce colloque devra promouvoir l’ensemble des acteurs : INRAP, universités, CNRS, opérateurs privés, et, bien entendu, services territoriaux.
Ces derniers sont des acteurs de proximité essentiels, depuis les premières lois de décentralisation. Ils ne se contentent pas de purger des terrains. Comme les autres opérateurs, ils produisent de la connaissance, qu’ils transmettent à tous les publics d’un territoire : élus, scientifiques, population locale. L’ANACT plaide pour que soit reconnues, dans la loi, les missions de recherche et de valorisation des archéologues de collectivités.
D’ailleurs, c’est une simple question de cohérence. Car si nous n’exercions pas ces missions, les agréments détenus par nos collectivités seraient, de fait, en danger. Une opération d’archéologie n’existe pas vraiment tant qu’elle n’a pas fait l’objet d’une publication.
Reconnaître la réalité de nos missions constituerait, aussi, un garde-fou contre d’éventuelles dérives. Imaginons qu’un jour un élu local décide que le service archéologique de sa collectivité se contentera dorénavant de purger des terrains : une inscription de nos missions scientifiques dans la loi permettrait de le dissuader.
Nous pensons que l’Etat est garant de la politique de recherche, qu’il lui revient de mettre tous les opérateurs sur un pied d’égalité.

[Retour en haut]

4. Une commission d’évaluation pour « consolider ce qui présente un intérêt majeur »

Depuis son installation, le 5 octobre, la commission, procède à des auditions et examine les contributions qui lui sont envoyées. Censée refléter la diversité de la communauté archéologique, elle est présidée par Dominique Garcia, vice-président du Conseil national de la recherche archéologique (CNRA),

et comprend :

  • des conservateurs régionaux de l’archéologie
  • des inspecteurs généraux (patrimoines, affaires culturelles, administration du développement durable, finances…)
  • des représentants de l’Institut national de recherches archéologiques (INRAP)
  • des universitaires
  • des prestataires privés
  • trois territoriaux :
    • Luc Bernard, directeur du service d’archéologie préventive de la communauté d’agglomération du Douaisis (Nord)
    • Jean-Luc Marcy, directeur du Centre départemental d’archéologie du Pas-de-Calais
    • Anne Pariente, directrice du Service archéologique de la ville de Lyon (Rhône)

Comme le note l’universitaire et ancien président de l’INRAP, Jean-Paul Demoule, sur son blog (qui relaie un appel lancé en juin 2012 par une cinquantaine de chercheurs en faveur d’une réforme de l’archéologie préventive), cette instance ne compte ni représentants des aménageurs publics et privés, ni parlementaires et élus locaux.

Aurélie Filippetti a assigné à cette commission la mission de « définir le consensus à partir duquel vous proposerez à la collectivité nationale, d’une part, un projet conceptualisé pour l’archéologie préventive, et, d’autre part, une déclinaison juridique et réglementaire de nature à en permettre la mise en œuvre harmonieuse. »
Ses conclusions seront consignées dans un livre blanc annoncé pour mars 2013. Ce document alimentera le volet « archéologie » du projet de loi sur le patrimoine que la ministre compte « soumettre à la concertation interministérielle » en 2013.
Entre autres, elle devra se prononcer sur des sujets fondamentaux pour la discipline comme la place et le rôle de chacun des acteurs, l’organisation de la prescription archéologique, le « rythme admissible » de consommation des ressources documentaires enfouies dans le sous-sol (les scientifiques parlent d’ « archives du sol »), en harmonie avec la capacité des chercheurs à exploiter scientifiquement les informations issues des diagnostics et des fouilles, la formation initiale et continue des professionnels, le statut des vestiges, la place de l’archéologie dans la gestion durable des sols etc. « Il ne s’agit pas de faire table rase du passé, mais de consolider ce qui présente un intérêt majeur », a souligné Aurélie Filippetti lors de son installation.

L’ANACT a adressé à la commission une motion sur le rôle des services territoriaux et a été auditionnée le 12 novembre. Elle a, entre autres, demandé la reconnaissance du travail scientifique des archéologues municipaux et départementaux (lire la réaction de Thomas Vigreux). La France compte une centaine de services de collectivités, dont 70 détiennent l’agrément délivré par l’Etat les autorisant à fouiller et emploient environ un millier d’agents.
L’ANACT a reçu un renfort de poids avec l’engagement de l’Assemblée des départements de France (ADF), également auditionnée le 12 novembre. Outre la reconnaissance des missions de valorisation et de recherche exercées par les services territoriaux, l’ADF plaide pour « un financement équitable des missions de service public entre l’Etat et collectivités, via une réforme de la redevance d’archéologie préventive et des barèmes selon la nature des territoires. »

[Retour en haut]

5. La réforme de la redevance d’archéologie préventive sur les rails

Le projet de réforme de la redevance d’archéologie préventive (RAP) remonte à 2010, avec un rapport de l’Inspection générale des finances, qui a conclu à l’insuffisance des recettes pour financer ce secteur et notamment les activités de l’Institut national de recherches archéologiques (INRAP), l’opérateur public qui intervient sur l’ensemble du territoire national. Les besoins de financement ont été chiffrés à 122 millions d’euros.

A la faveur de la loi n° 2011-1978 du 28 décembre 2011 de finances rectificative pour 2011, la redevance d’archéologie préventive a été adossée à la nouvelle taxe d’aménagement, instaurée par la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010. Ce pour son volet dit «part équipement » (voir ci-dessous).
Le ministère, les opérateurs et les élus doivent encore se mettre d’accord sur les barèmes de calcul de la redevance. Une concertation est en cours à ce sujet.

D’ici là, le ministère, les opérateurs et les élus devront s’être mis d’accord sur les barèmes de calcul de la redevance. Une concertation est en cours à ce sujet.
De son côté, la commission d’évaluation du dispositif d’archéologie préventive devra se prononcer sur le mode de gouvernance de la redevance. Différentes hypothèses de travail sont en cours d’étude à la sous-direction de l’archéologie, notamment une formule comparable à un paiement à l’acte, qui présenterait l’avantage d’inciter les opérateurs de fouilles à faire preuve de diligence pour rendre les terrains aux aménageurs dans les meilleurs délais.

Une recette issue de deux filières

Le rendement de la RAP se compose de deux parties :

  1. l’une, dite « part équipement », parce qu’elle est liquidée par les services du ministère de l’équipement, repose sur les autorisations au titre du droit des sols (permis de construire, d’aménager, déclaration de travaux etc.).
  2. l’autre, dite « part culture », parce qu’elle est liquidée par les directions régionales des affaires culturelles, repose sur les projets susceptibles de porter atteinte au sous-sol sans être soumis aux autorisations d’urbanisme, mais soumis à une étude d’impact. Il s’agit notamment des grands linéaires.

En 2011, la RAP a généré un produit global de 88 millions d’euros, dont 37 millions d’euros pour la part « culture ».

Les logements individuels mis à contribution

Faut-il taxer les particuliers faisant construire un logement individuel ? La question a surgi une première fois lors de l’examen du projet de loi de finances rectificatif par le Parlement en décembre 2011, la majorité d’alors souhaitant exonérer ce public. Ce qui a réduit, de fait, le rendement de la nouvelle RAP adossée à la taxe d’aménagement à 105 millions d’euros, au lieu des 122 millions nécessaires.
Dès son arrivée rue de Valois, Aurélie Filippetti a pris position pour une taxation des chantiers de logements individuels, qui a été intégrée au projet de loi de finances 2013. Avec un argument financier : rendre accessible un rendement de 122 millions d’euros, et deux arguments politiques : l’équité fiscale et la cohérence avec l’objectif de réduire la consommation de foncier, conformément aux engagements du Grenelle de l’environnement.
Tous les parlementaires ne sont pas pour autant convaincus. « Rien ne justifie objectivement ce prélèvement : les surfaces aménagées sont trop réduites pour que le patrimoine enfoui encoure un risque, sinon de manière marginale, a objecté le député (UMP) de Paris, Jean-François Lamour en séance le 5 novembre. L’exonération n’a d’ailleurs jamais nui au respect des impératifs scientifiques. En outre, vous choisissez la facilité en pilotant l’archéologie préventive par la seule recette, sans tenter de maîtriser la dépense. » Les députés ont rejeté les amendements déposés en faveur d’une exonération lors de l’examen de la première partie du budget.

[Retour en haut]

Partager cet article
Repost0